Le titre se veut certes accrocheur, il ne s'agit pas d'un roman de sciences fiction, ni de fantastique que je vais développer là.
Je vais simplement raconter une petite histoire, avec mes propres mots, qui vont relier ma très très maigre experience et des comptes rendus de ce que j'aurais pu voir, vivre, faire, pratiquer, dire.
Il était une fois... (c'est bien comme ça que commencent toutes les histoires, non ? ) un jeune, d'à peine 20 ans décidant "d'apprendre" les arts martiaux.
Apprendre... Comme si le cadre étudiant ne suffisait pas, il faudrait apprendre encore et encore ? Les cours ne suffisent-ils donc pas pour former un esprit ?
Et bien non. Une soif avide de connaissance, de travail et de recherche martiale le poussa à pratiquer assidûment des arts martiaux.
Le côté martial est évidemment le plus séduisant: aujourd'hui, tout le monde veut savoir se battre, être le plus fort. Mais il sentit bien qu'il y avait autre chose. Kyrielle de lectures, d'entraînements plus tard, un premier palier était franchi.
Oui, l'on s'entraîne martialement pour autre chose. On exerce son corps et son esprit en même temps, on "s'élève". Il y a bien une dimension dans les arts martiaux qui permettent de changer sa perception de la vie, de s'améliorer, peut-être même de communiquer ceci autour de soi. Quelle richesse ! Et les chinois auraient gardé ça jalousement pour eux ? L'heure n'est plus à la confrontation des techniques martiales (sic), mais à la remise en question.
Ces questions aboutissent tous à une même réponse: "Il y a quelque chose de dissimulé !" .
Facétieux chinois, qui, aux yeux du mal intentionné, ont masqué la structure, l'intelligence même de l'art martial.
Mon intention n'est pas mauvaise, pourtant, alors pourquoi je ne mets pas le doigt sur cette chose dissimulée ?
A la remise en question se superpose la comparaison. Pourquoi ce maître est-il capable de dégager une telle puissance par ce mouvement, une telle fluidité ? Que fait-il de plus que moi ? Qu'y a-t-il chez lui ? Comment réussit-il ça?
La réponse fusa: Non, je ne "fais" pas vraiment des arts martiaux. En l'apprence, je pratique. Seulement, à quoi me servent mes muscles que j'ai entraîné, ma force brute plutôt élevée, si je n'ai pas une véritable structure ?
Chaque coup a plusieurs significations, plusieurs sens, plusieurs intentions. Un coup donné avec force musculaire est un coup retenu, bloqué qui ne peut se libérer et prendre sa signification: aussi, il est important de se rééduquer.
Il me fallait donc m'interesser à l'interne. Je commence alors le taiji quan. Je cherche dans tous les mouvements une intention, et ce travail bien qu'il m'apparaisse comme distant et vague, me procure un intérêt particulier.
C'est décidé: je veux découvrir l'interne.
Ma structure passera par là. Faire du Wing Chun c'est bien, encore faut-il pouvoir donner les intentions qui se dissimulent derrière chaque geste.
C'est un travail d'horloger m'a-t-on dit. Soit, je serais cet horloger.
Toute cette longue tirade introductive pour en arriver à mon premier stage d'interne dont je fais maintenant faire le compte rendu.
L'Interne, c'est une notion bien trop vaste pour moi, comme pour beaucoup de personnes. J'ai du mal à cibler. Le sifu de mon sifu de WC, Yves Dantec, travaille dorénavant énormément l'interne. Nous avons la chance qu'il se déplace faire un stage, pour une somme très modique en plus. Hors de question de louper cette chance.
Je vais peut être commencer alors à pouvoir débuter un réel apprentissage au niveau interne, et cibler mieux le but que je poursuis.
Le stage dure 4H: deux heures le amtin, deux heures l'après-midi.
La matinée est consacrée exclusivement aux positions. Nous commençons par une position de base de relaxation, "la position du soir". Le sifu nous explique avec très grande minutie (je n'ai jamais relevé autant de précisions que lors de ce stage) la position, l'emplacement exact des mains, notre position globale. Il nous corrige, et explique bien la nature du travail de cette position.
Première position, premier ressenti: "tiens, ce sont des sensations que je ne connais pas. A développer!"
Position de l'arbre ensuite. Bien que je la fasse au taiji, là ce n'est plus du tout la même chose: encore une fois, le sifu passe beaucoup de temps à bien nous expliquer comment nous positionner, à corriger avec patience. Encore de nouvelles sensations, bien que ems tensions musculaires aux épaules se fassent sérieusement sentir. Mon for intérieur cire "m***e, relâche toi, relâche toi, ne bloque pas tes sensations avec des contractions musculaires inutiles". Trop tard. Quand on avait pris l'habitude de travailler dur, demander à ses épaules d'accepter sans contractions le travail de cette posture, c'est peine perdue.
On fait quelques autres positions, dont je ne me souviens plus du nom, mais qui étaient extrêmement interessantes, comme celle avec des mouvements de va et vient des bras comme un "oiseau" qui "épouserait la forme d'une coque de bâteau" , pour reprendre les termes exacts du sifu. Là encore, on ressent facilement l'énergie. Déboussolant comme travail.
Puis un travail de marche, le pas de base du I Chuan. J'ai pas mal galéré pour trouver les bons angles, mais une fois qu'on commence à bien sentir la marche, ça devient agréable.
Après une courte pause déjeuner, on retourne pour els deux dernières heures du stage.
Là, on retravaille la marche, avec un autre type de marche. On retravaille une position, mais surtout, l'on voit beaucoup d'applications. Entrées de force, etc...
On a largement cherché l'alignement. On a fait quelques exercice force contre non force etc...
Là aussi, il y avait matière à travailler. L'on reste désarmé lorsque l'on voit tant de fluidité, de puissance... Avec toute ma force, en poussant le sifu, je l'ai à peine fait reculer qu'il m'a renvoyé toute ma force, ce qui m'a littérallement désenraciné. Quelques exercices et la 1ère position du matin plus tard, nous sommes contraints de nous quitter.
Ce fut un stage particulièrement instructif, dont j'ai pu tirer pas mal de leçons, et surtout aborder ma pratique différemment tout comme avoir matière à travailler avec les éléments donnés.
Aïe... Ma pratique est-elle si pauvre que ça ? Et bien oui. Il était temps de s'en rendre compte, et de corriger le tir. Je découvre un tout nouveau travail, et je vais essayer de consigner ici mes ressentis par rapport à l'Interne.
Mon prochain stage d'Interne programmé est le 23-24 janvier. D'ici là, j'aurais peut être l'occasion d'en découvrir plus, d'autant que je multiplie les experiences martiales en ce moment.
Ce fut assez long comme premier post, mais je tenais à partager cette "première" véritable approche avec vous, d'autant que les conseils sur TM sont toujours d'une très grande qualité

Donc je suis preneur de tout ce qu'on m'apporte, et j'essaie d'apporter ma pierre aussi ^^
Courage, encore toute une vie d'apprentissage ... !