Hanchindi
Ceinture blanche

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A.M. pratiqué(s): karate gôjû-ryû, kobudo
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« Répondre #3 le: 13 Avril 2008 à 10:44:22 » |
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Pour compléter le post de Montaigne, voici la biographie d'un personnage chinois important dans la formation de plusieurs écoles de "naha-te" : Kingai-ryu, Goju-ryu, Uechi-ryu, Toon-ryu et un peu Shito-ryu. Je veux parler de Wu Xiangui, plus connu sous son nom prononcé à la japonaise : Go Kenki.
Gokenki/Wu Xiangui est né le 20 janvier 1887 dans la ville de Fùzhōu, province du Fùjián, Chine, au sein d’une famille nombreuse de trois filles et quatre garçons. Les raisons de l'implication du jeune Xiánguì dans les arts de combat sont liées à la protection des affaires commerciales de sa famille. C’est son oncle, Wú Sōngmù, lui-même expert du combat, qui résolu de l'initier aux arts de combat, ainsi que ses autres frères. D'après les récentes découvertes de Tokashiki Iken, Wú Sōngmù aurait eu parmi ses disciples un certain Xiè Chóngxiáng. C’est ce même Xiè qui aurait enseigné à Higaonna Kanryô. Mais, dans ce cas, pourquoi Higaonna n'a pas transmis les mêmes kata que Xiè?
Une autre théorie voudrait que Wú ait appris avec Zhōu Zhĭhé, qui enseignait le Báihè-quán/Boxe de la Grue Blanche ainsi que le Hŭ-quán /Boxe du Tigre, technique qu’il enseigna à Uechi Kanbun. C’est de cette époque que daterait l’amitié de Wú et Uechi. Pourtant, là aussi, les deux hommes ne transmirent pas les mêmes tao/kata.
Après la révolution chinoise de 1911, Wú s'éxila, mais contrairement à ses compatriotes qui trouvèrent refuge sur l'île de Táiwān, occupée à cette époque par les japonais, il émigra à Okinawa en 1912 où il épousa Yoshikawa Makato, dont il prit le nom et eut une fille. A son arrivée à Okinawa, Wú trouva un emploi comme commis dans un magasin de thé, ce n'est que quelques temps plus tard qu'il put ouvrir son propre magasin, dans le quartier de Higashi à Naha. La localisation de son négoce n'est pas due au hasard, le quartier de Higashi jouxte celui de Kume, où il pouvait retrouver des souvenirs de la Chine. Ses journées étaient remplies par son commerce, qu'il faisait dans la journée et par l'enseignement du Báihè-quán /Boxe de la Grue Blanche, le soir. Ses activités commerciales lui assurant des revenus suffisants, il ne demandait qu'un œuf frais pour les frais de participation aux cours de quan-fa. Dans les premiers temps, seul Aniya Seishô suivait les cours de Wú. Mais le bouche-à-oreille aidant, ceux-ci connurent de plus en plus de succès. Les entraînements avaient lieu au premier étage de son magasin et commençaient par un salut à Busaganashi, divinité des arts en général. Puis venaient divers exercices préparatoires avec instruments et le kata Happoren, qui, pour de nombreux chercheurs, serait l’ancêtre du kata Sanchin. Happoren et Chûkon étaient les deux kata au centre du cours, mais ils étaient travaillés, analysés et décortiqués sous tous leurs angles et toutes leurs possibilités. Que Wú ait centré son enseignement sur ces deux kata, ne veut pas dire qu'il n'en connaissait pas d'autres. Grâce à des styles comme le Kingai-ryû, le Tô'on-ryû et le Shitô-ryû, nous savons qu'il connaissait aussi le kata Nêpai.
Wú était connu pour sa gentillesse, sa courtoisie et sa connaissance de la médecine, il soignait lui-même ses élèves des blessures reçues lors des entraînements.
C’est lui qui introduisit Miyagi auprès de plusieurs experts, lors de son voyage en Chine.
Wú enseigna le kata Nêpai à Matayoshi Shinpô du Kingaï-ryû, à Kyoda Jûhatsu du Tô’on-ryû et à Mabuni Kenwa du Shitô-ryû qui le transmit sous le nom de Nîpaipû. Cette dernière version est sensiblement différente de la forme transmise par Wú.
Pour avoir une idée plus précise des connaissances de Wú dans les arts de combat, nous devons nous référer aux documents concernant le Kingai-ryû de la famille Matayoshi. De ses rencontres avec Wú, Matayoshi apprit Happôren, Nêpai, Hakuhô, Hakkaku Heihô shodan, nidan, sandan, Hakkaku Senshi et Hakkaku Sôtô.
Bien qu’il enseigna, il ne créa aucun style propre, mais il eut un rôle indirect et pour le moins important dans l’élaboration technique du Tô’on-ryû de Kyoda Jûhatsu et du Shitô-ryû de Mabuni Kenwa. En ce qui concerne le Gôjû-ryû de Miyagi Chôjun, le rôle de Wú fut plus théorique.
Wú Xiánguì mourut d’un cancer de l’estomac en mai 1940 sans avoir pu réaliser son rêve : retourner dans son pays.
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