Il y a beaucoup d'écoles différentes de iai entre les vieilles qui ont été restaurées, les codifications par la ZNKR dans les années 60, les plus nouvelles, certaines sont le résultat d'une recherche par rapport à un art-martial à main-nue. Chacune possède son histoire et son efficacité.
J'ai essayé dernièrement une école de iai nommé Aiki Toho iai qui se base sur des katas d'aikidô. C'est très intéressant de voir comment d'un kata à main-nu on peut dévier sur le sabre. Les gestes étaient assez fluides et très chorégraphiés, avec des simulations d'attaques à 2, 3 voire 4 adversaires imaginaires. Les mouvements sont amples et forcent à domestiquer le corps entier bien plus facilement que dans d'autres écoles aux gestes centrés. Par rapport à ma physionomie, je m'y suis sentie bien plus à l'aise ne serait-ce sur les noto, très esthétiques et amples qui ne demandaient pas que j'utilise mon bras gauche à outrance comme je le fais dans l'école que j'étudie actuellement.
C'était un vrai plaisir. :)
Mais finalement, ça m'a rapproché du fait que la tradition de l'école que j'apprends aujourd'hui, à savoir Musô Shinden Ryù, est bien plus proche de gestes guerriers de grande efficacité. Ce sont des gestes réellement réfléchis pour ne couper qu'en un seul mouvement, c'est très efficace et très rapide, non pas dans la vitesse d'exécution mais grâce à cette efficacité technique. On dégaine, on tranche, on rengaine. Pas de fioritures. C'est certes moins spectaculaire, mais cette débauche d'épuration montre une réflexion tellement poussée sur la gestuelle et son efficacité dans le combat que moi je trouve que c'est magnifique en tant que tel. C'est une forme de beauté qui va toucher bien plus l'oeil d'un expert que l'oeil d'un novice comparé à Aiki Toho iai. :)
Concernant la Tenshin Shoden Katori Shintô Ryù, je l'aborde indirectement par mon enseignement du Jôdô. Le créateur, Gonnosuke Musô, avant de créer son art martial, faisait parti de la TSKSR et avait un niveau qui lui permettait de l'enseigner. Je retrouve par conséquent des bases communes avec TSKSR. Il faut savoir que les gestes sont aussi conditionnés par l'équipement guerrier de l'époque. Je sais par exemple que les casques des guerriers de la Katori shinto ryù les obligeaient à couper en Kesa et non en jodan(shomen).
Mais plus on pratique de vieilles écoles qui ont été forgé à force de combat in situ plus les gestes sont simples et dénués de fioritures. Le but reste l'efficacité martiale, qui oblige à réfléchir dans la perspective de trancher un maximum de gens en un temps record pour gagner en terrain et avec le moins d'efforts possibles, ce n'est pas le spectaculaire. C'est peut-être un pan supplémentaire qui rebute les gens, habitués à voir des anime aux combats qui n'en finissent pas et aux bruits des lames qui rayent la saya KLINGG. On est dans une époque résolument Bling Bling !!