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Techniques-MartialesLa pratiqueCultureHistoire / Traditions (Modérateur: Wu Song)Une définition du bushidô selon le "Koku shi dai jiten"
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Auteur Fil de discussion: Une définition du bushidô selon le "Koku shi dai jiten"  (Lu 9951 fois)
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florent
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A.M. pratiqué(s): Tenshin Shōden Katori Shintō ryū


« le: 23 Octobre 2012 à 04:04:42 »

Bonjour à tous,

inaugurant un nouveau blog centré autour des guerriers japonais, essentiellement du l'époque d'Edo, je me permets de copier ci-dessous la majeure partie du premier article, dont le sujet est le bushidō. Je précise que, pour des raisons aussi bien pratiques que de protection de mon travail, je ne proposerai sans doute pas les articles à venir sur ce forum ; dans le même ordre d'idée, précisons aussi que je vous demande de ne pas copier l'article ci-dessous, partiellement ou intégralement (il est soumis aux droits d'auteur). Merci, et bonne lecture ! N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions et commentaires sur ce forum, c'est surtout pour ça que je crée ce sujet (et un peu pour faire ma pub, avouons-le)



Commençons par un sujet un peu tarte à la crème, le bushidō 武士道, traduit habituellement par "la Voie du guerrier". Il s'agit d'un sujet aussi délicat à traiter qu'il est populaire. Plutôt que de me risquer à une composition personnelle, présentons, en guise d'introduction, une traduction du terme tel qu'il figure dans le Koku shi dai jiten, "Grand dictionnaire de l'histoire du Japon", une des plus importantes références dans le domaine de l'histoire japonaise.

"L'emploi généralisé du terme "bushidō", pour désigner les valeurs morales des guerriers, s'observe à partir de l'époque Meiji [1868-1912]. Durant le Moyen-Âge [1190-1600], était entre autres employé l'expression "usages de ceux maniant l'arc et les flèches" ; le terme "bushidō" apparut à l'époque pré-moderne [1600-1868]. Dans de nombreux cas, il était employé pour désigner les valeurs morales des guerriers, bushi 武士, en opposition avec le terme "shidō" 士道, littéralement "Voie du gentilhomme" [la différence entre les notions de shi et de bushi feront éventuellement l'objet d'un article ultérieur - de manière générale, dans le contexte japonais, ils renvoient tous deux au guerrier]. Ogyū Sorai, parlant du bushidō en tant que savoir archaïque de l'époque des provinces en guerre [1394-1573], a dit : "le monde connaissait uniquement le savoir nommé bushidō" (Sorai sensei tōmon sho). Le confucianiste de l'époque du bakumatsu [1854-1868] Saitō Setsudō a affirmé que les "maisonnées de guerriers à l'époque pré-moderne" connaissaient l'existence d'un "concept nommé bushidō" n'étant pas rattaché à la Voie des Saints, seijin no michi 聖人の道. La relation, à l'époque pré-moderne, entre shidō et bushidō est visible dans ces deux affirmations. Le Japon pré-moderne, marqué par la diffusion d'une éducation de nature confucianiste, vit la nette apparition d'un mouvement reprenant les codes moraux des guerriers formés durant l'époque des provinces en guerre, tout en les basant sur un fond confucianiste. Le résultat était présenté sous le terme de "shidō". Pour les défenseurs de ce shidō, le bushidō désignait le discours moral des guerriers de l'époque des provinces en guerre, c'est-à-dire un savoir archaïque et inutile. Bien que les notions de shidō et de bushidō apparaissent clairement opposées lorsqu'elles étaient discourues de manière précise, leur différenciation, lorsque employées au sein de la société japonaise pré-moderne, n'était pas toujours évidente. Avec la baisse d'autorité du confucianisme et, entre autres, l'aspiration vers des éléments guerriers de nature traditionnelle, la tendance consistant à nommer volontairement "bushidō" un discours tenant fondamentalement du shidō connut un essor graduel ; bien que ces deux termes soient des notions nées d'un même terrain rhétorique et comportant une importante base commune. La généralisation du terme "bushidō" à partir de l'époque Meiji hérita de cette tendance. L'œuvre représentative du discours sur le shidō est le Yamaga gorui 『山鹿語類』de Yamaga Sokō, guerrier à la fois confucianiste et spécialiste en Art militaire. Cet ouvrage comprend une importante partie consacrée à ce sujet, le Shidō hen 「士道篇」. L'illustration la plus aiguisée du discours sur le bushidō est le Hagakure, la partie principale des analectes de Yamamoto Tsunetomo, guerrier attaché aux Nabeshima. Dans cet ouvrage, Tsunetomo affirme que "la Voie du guerrier consiste en la mort". De manière générale, Sokō et le Hagakure sont tous deux cités lorsqu'il s'agit de considérer les caractéristiques des deux courants que sont le shidō et le bushidō, ainsi que les éléments constituant leur base commune.

Les seigneur de l'époque des provinces en guerre, marquée par une importante instabilité politique [cf. ge koku jō 下剋上], se devaient de posséder une tempérament solide basée sur une grande force d'esprit ; en comparaison, une fois les troubles civils apaisés et la paix revenue, nombreux furent les guerriers marqué par un tempérament d'administrateur civil plutôt que de combattant, et, tout en héritant de l'état d'esprit des dirigeant d'antan, à montrer davantage d'intérêt pour un confucianisme riche en considérations morales propres aux politiciens. Durant l'époque pré-moderne, l'enseignement du confucianisme n'était pas limité aux seuls guerriers, mais ce sont eux en particulier qui l'adoptèrent en tant que code moral, et qui considéraient "la Voie confucéenne comme étant égale à la Voie du guerrier [shidō]" (Nakae Tōju, Okina mondō, volume inférieur). C'est ainsi que prit forme le discours sur le shidō. Tous les guerriers, sans distinction de rang, étaient considérés comme des guides moraux du chemin pour réaliser la Voie dans le monde. De même, dans son Shidō hen, Sokō affirme que le guerrier doit tout d'abord "connaître son rôle imparti [shoku bun 職分]" ; selon Sokō, alors que le rôle imparti pour chacun des trois ordres [san min 三民, autrement dit les paysans, les artisans et les marchands] consiste à pourvoir aux besoins essentiels de la vie quotidienne, celui des guerriers correspond à prendre conscience de la Voie de l'Homme, en son application et à y guider les trois ordres, concrétisant ainsi la Voie humaine dans le monde. L'idéal guerrier pour Sokō correspond à une personne "d'une qualité d'un Homme de la Voie [daijōbu 大丈夫]" caractérisé par "une indépendance et une individualité de premier ordre". Il s'agit d'un homme n'étant pas influencé par ses émotions ou ses désirs, ayant une solide assurance de ce qu'est une vie guidée par la Voie, veillant à ce que ses moindres gestes respectent les manières justes (l'étiquette) ; un homme qui, au sein de la société guerrière, se démarque de tous et ne connait aucun égal sur le plan moral. Et parce que "de son apparence à ses gestes et paroles, rien n'est négligé mais extrêmement majestueux, il s'agit de l'état supérieur de l'homme" ; dans la vision idéaliste de Sokō, "tous se calquent sur le modèle [représenté par le guerrier parfait]". Le guerrier ne se contente pas de sublimer sa contenance par le biais de ses gestes et de ses paroles, il doit aussi illustrer en permanence, au sein de l'espace de vie quotidienne qu'est l'habitat, l'ordre de la Voie. Il en va de même pour les vertus internes, qui étaient considérées être développées par le maintien de cette juste contenance. L'importance accordée à l'étiquette au sein de la société du Japon pré-moderne contribuait certes à maintenir l'ordre social des classes en place, mais, dans la conscience des guerriers, à l'étiquette juste correspondait un guerrier caractérisé par une indépendance et une individualité hors pairs. Le confucianiste Saitō Setsudō affirmait : "les armures comprennent des couleurs évitant l'humiliation ; de la même manière, la personne se vêtant, telle une armure, de l'étiquette juste et de modestie, échappera à toute humiliation de la part d'autrui".

À l'opposé d'un discours sur le shidō insistant sur la prise de conscience et la réalisation de la Voie, le discours sur le bushidō, illustré de manière incisive par le Hagakure, met en avant l'acceptation de la mort, comme l'illustre sa phrase d'introduction. Dans le discours du shidō, les débats autour de la loyauté et de la rectitude correspondent, pour l'homme attaché à sa vie et ne pouvant renoncer à sa propre personne, à une préparation logique permettant de légitimer la préférence de la survie à la mort ; logique où la survie n'est possible que dans la mort même. Le Hagakure, quant à lui, envisage le "fait de mourir" comme étant égal à la poursuite d'une pureté ignorant toute notion d'individualité ; il ne s'agit pas uniquement de se jeter spontanément dans la mort à un moment donné, mais aussi, au quotidien, de "sans cesse vivre avec la mort à ses côtés" et, ce faisant, de concrétiser la forme véritable du service à son seigneur. La vision des relations vassaliques dans le discours du bushidō sont de nature extrêmement émotionnelle, au point que seigneur et vassal pouvaient être liés par un sentiment d'unité dépassant les notions de bien ou de mal. Le suicide du vassal à la mort de son seigneur, junshi 殉死, associé à l'amour entre hommes et méprisé par Sokō, est accepté par le Hagakure. L'emphase du sacrifice ne se limite pas aux relations vassaliques, mais s'applique aussi, par exemple, à la manière de pratiquer un duel : ne pas abandonner le combat avant d'être piétiné et découpé en morceaux, afin de ne pas connaître la honte de l'abandon. Il s'agit là d'une argumentation mettant en valeur un comportement totalement dénué de retenue et de doute. L'"acte de mourir" exacerbé par le Hagakure ne s'applique pas simplement envers le seigneur, il est aussi synonyme d'une poursuite d'un état d'esprit noble surpassant l'attachement à sa propre vie. Et si le discours sur le shidō affirme lui aussi la nécessité de sans cesse "avoir la mort à l'esprit", c'est parce que l'homme, ne sachant quand sa vie s'éteindra, doit penser à son décès prochain et profiter de chaque instant afin de vivre selon la Voie de l'Homme. Cette interprétation n'est pas de même nature que la notion d'"acte de mourir" développée dans le Hagakure. Et alors que le shidō présente une solennité amenant l'ascendant spirituel sur autrui, le bushidō met en avant une force stoïque. Cependant, si le premier est décrit comme étant le fruit d'un éveil à la Voie et d'une juste contenance, dans le Hagakure, cette force intrinsèque, qui n'est diffère de la simple puissance musculaire, provient d'une dévotion totale au concept d'acceptation de la mort. En général, les guerriers avaient pour principe de ne pas se laisser distancer par leurs pairs. Dans le Go rin no sho, ouvrage attribué à Miyamoto Musashi, le guerrier est décrit comme "ayant pour principe d'être le meilleur quelque soit le domaine" ; de même, dans le Budō shoshin shū de Daidōji Yūzan, celui-ci affirme que "l'homme digne d'un guerrier se doit d'avoir intériorisé le principe inhérent au caractère "victoire", shō 勝". Cependant, comme il est observable à travers les affirmations "obtenir la victoire sur soi amène obligatoirement la victoire sur autrui" (Hayashi Razan, San toku shō) et "vaincre signifie l'emporter sur ses pairs ; l'emporter sur ses pairs signifie se vaincre soi-même" (Hagakure), la victoire sur autrui était considérée n'être atteignable que pour celui l'ayant emporté sur sa propre personne (la "conquête sur soi-même", kokki 克己). Dans leurs relations réciproques, les guerriers tenaient pour idéal un mode de vie quotidien marqué par une compétition permanente, où ils rivalisaient entre eux de celui qui maintiendrait l'état d'esprit le plus noble possible. C'est à ce niveau là qu'entre en relation l'importance qu'ils accordaient aux concepts de honte et de renommée.


Ce poids accordé à la renommée et à la honte n'était pas synonyme d'une vie soumise à l'opinion des autres guerriers ; partant du postulat que les critères de jugement de chacun étaient équivalents, il signifiait une attention portée à la non réalisation d'actions considérées comme inappropriées. Pour être digne de ce nom, un guerrier devait poursuivre la renommée et s'appliquer à ne pas ternir son nom. Être mentalement inférieur à autrui équivalait à perdre son statut au sein de la société guerrière, et représentait un échec en tant que guerrier. Que ce soit dans le shidō ou le bushidō, la mise en avant, chacun à leur manière, d'une force visant à dominer l'autre illustre l'importance qu'avait, dans la société guerrière du Japon pré-moderne, l'affirmation de sa personne en tant que guerrier individuel faisant face à ses pairs. Si, du point de vue de la société, le guerrier vivait au sein de l'ordre représenté par les relations entre vassal et seigneur, il ne faut pas oublier que, en tant qu'individu, le guerrier puisait sa force d'esprit dans l'affirmation de sa personne. Cette conscience de l'individualité en tant que guerrier s'illustra encore davantage durant la période du bakumatsu, comme le montrent les affirmations suivantes : "Le guerrier tient en haute estime l'indépendance et la confiance en soi", "Même les événements retentissants, phénoménaux et extraordinaires sont l'œuvre d'une seule personne" (Genshiroku), "L'Homme de la Voie se doit d'être indépendant" (Yoshida Shōin, Kōmō yodan) ; les termes de "responsabilité personnelle" et de "noblesse individuelle" étaient sans cesse mis en avant et commentés. En outre, cette prise de conscience de l'individualité en tant que guerrier trouva sa prolongation dans l'esprit d'indépendance caractérisant l'époque allant de la période du bakumatsu à celle de Meiji. Bien que la réflexion à propos d'une indépendance basée sur la notion de droits de l'Homme, promulguée par Fukuzawa Yukichi et consorts, était de nature différente de l'indépendance guerrière, les notions de "tempérament", de "personnalité" et de "force de caractère" associées à cette nouvelle interprétation de l'indépendance étaient présentées comme héritières de la force d'esprit guerrière ; ce qu'illustre l'affirmation suivante de Fukuzawa Yukichi : "il n'est pas erroné, pour les guerriers actuels se voulant indépendants, de prendre modèle sur l'indépendance guerrière des temps anciens" (Fuku ō hyaku wa). À l'image de la description qu'en fait Nitobe Inazō dans son ouvrage Bushidō (parut à l'origine en anglais sous le titre de BUSHIDO, en 1899), le bushidō de l'époque Meiji s'articule autour d'une argumentation de type shidō. Cependant, l'aspect qui fut le plus particulièrement mis en avant est l'adaptation de ce discours, apparu à l'origine au sein des relations vassaliques de type féodal, en une moralité citoyenne au centre de laquelle se situe l'empereur ; ce bushidō, présenté par Ino.ue Tetsujirō et consorts, inclut alors en son centre cette soi-disant morale nationale.


                                                                          ---------------------------------- Commentaires ----------------------------------


Précisons tout d'abord que le style un rien alambiqué et relativement pesant de cette définition est essentiellement dû à la prose japonaise elle-même, académiquement lourde au possible. Et, dans une moindre mesure, au peu de temps (relatif, quelques grosses dizaines de minutes tout de même) passé à travailler sur la traduction.

La traduction justement. Il s'agit d'une définition parmi d'autres, il ne faut donc pas la prendre pour vérité absolue (pour autant que cela existe en histoire, surtout intellectuelle). Par exemple, concernant les points sujets à controverse, on pourra citer la place du confucianisme durant le Japon pré-moderne (influence majeure ? large diffusion ? base de l'éducation ? : des sujets réexaminés par les historiens japonais ces dernières années), ou encore la pertinence de citer le Hagakure comme modèle d'un bushidō marqué par la période des provinces en guerre, malgré sa diffusion extrêmement confidentielle durant l'époque d'Edo (cf., entre autres, cet article en japonais), surtout face au discours d'un Yamaga Sokō dont les textes et les idées furent, eux, largement répandus.

Bref, s'il y a de quoi couper les cheveux en quatre pendant des heures, cette définition à surtout le mérite de proposer une vision globale, mais néanmoins plus riche et plus précise ("juste", oserais-je dire) que celles existantes déjà en français (et en anglais), du concept de bushidō.

P.S. : l'article original indique les mots japonais et les titres d'ouvrages en italique ; ce n'est pas le cas systématiquement ci-dessus car il faudrait tout éditer à la main, et vu la taille du pavé... bref, pour la mise en forme originale, rendez-vous sur le blog Clin d'oeil
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« Répondre #1 le: 23 Octobre 2012 à 11:23:35 »

Merci pour cet article, je l'ai dévoré du du début à la fin!
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« Répondre #2 le: 23 Octobre 2012 à 17:02:08 »

félicitation pour ton blog

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« Répondre #3 le: 29 Octobre 2012 à 14:29:39 »

Nouvel article consacré à Yamaga Sokô et sa vision des relations vassaliques.

    "L'influence du confucianisme sur le discours moral pratique du guerrier selon Yamaga Sokō est importante ; plutôt qu'un modèle de comportement visant le combattant, forme originelle des guerriers, l'objet de son argumentation et le ton de son discours sont davantage centrés sur les valeurs propres aux lettrés de type chinois – les hommes des Lettres qu'étaient les fonctionnaires gentilshommes – ou encore celles des dirigeants politiques.

     C'est ainsi que le discours tenu par Yamaga Sokō est habituellement qualifié de « shidō 士道 [la Voie du gentilhomme] » et est différencié du bushidō général. Cependant, sa pensée ayant eu une grande influence sur la société guerrière de l'époque Tokugawa, j'aimerais me pencher sur la partie de son discours traitant des relations vassaliques.

     Les paroles suivantes de Yamaga Sokō, extraites du Yamaga gorui, sont restées célèbres : « Le seigneur est placé au sommet de la société pour servir le peuple, et non pour ses propres intérêts. [...] Ainsi, si un seigneur apparaît là où le peuple se rassemble et qu'un pays se forme là où est placé un seigneur, alors sans doute peut-on affirmer que le peuple est la base d'un pays. ».

     Le « seigneur » [jinkun 人君, sans doute mis entre guillemets par l'auteur car il s'agit d'un composé peu employé habituellement] est un dispositif politique mis en place pour le peuple de l'Empire [tenka 天下, « sous le ciel », habituellement traduit par « le monde », était fréquemment employé durant le Japon pré-moderne pour désigner le Japon] ; le peuple de l'Empire n'est pas une propriété héréditaire du « seigneur ». La « loyauté » n'est pas un comportement « mis en œuvre au bénéfice du seigneur », mais planifié dans l'intérêt de la nation et de l'Empire."

La suite sur le blog :)
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« Répondre #4 le: 14 Novembre 2012 à 02:49:27 »

L'attente fut plus longue que prévu, mais voici le nouvel article consacré à Yamazaki Ansai :)

      « Yamazaki Ansai, originaire de Kyōto, fut tout d'abord moine zen, mais, suite à sa découverte du néo-confucianisme, il quitta les ordres et ouvrit une école privée où il enseignât sa vision de la doctrine confucianiste. Son savoir est essentiellement de nature néo-confucianiste. Néanmoins, étant favorisé par Hoshina Masayuki, seigneur du fief d'Aizu, il fut son conseiller sur la voie de la gouvernance et participa grandement à la politique relative aux maisonnées guerrières ; de plus, ayant eu six milles disciples, son influence sur la pensée de l'époque Tokugawa fut indubitablement importante. C'est pourquoi on ne peut ignorer l'école Kimon lorsqu'il s'agit d'étudier la formation du bushidō.
     L'école Kimon est connue pour situer au centre de son argumentaire la morale au sein de la société, et, en particulier, pour son insistance sur le respect solennel envers la Voie des relations seigneur-vassal. Originellement, le néo-confucianisme qualifie les relations filiales de « célestes » et les relations vassaliques de « contractuelles » ; ces dernières sont donc considérées comme un accord conclu entre deux personnes, et non comme un état innées. L'école Kimon, quant à elle, considère les relations vassaliques en tant que lien éternel et inné dépassant les générations, et cherche dès lors l'application concrète de ce lien. »

La suite sur le blog Clin d'oeil
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« Répondre #5 le: 27 Novembre 2012 à 02:23:47 »

Grosse mise à jour : Yamamoto Tsunetomo et le Ha gakure


"Lorsque l'on parle du bushidō de l'époque d'Edo, celui présenté par le Ha gakure, l'ouvrage de cœur de Mishima Yukio, est sans doute largement connu. Ce traité comprend de nombreux principes moraux des guerriers de la maisonnée Nabeshima du fief de Saga ; il fut rédigé sous la dictée de Yamamoto Tsunetomo, guerrier alors reclus dans un monastère, par Tashiro Tsuramoto, jeune guerrier de Saga venu chercher le savoir de son aîné. Le premier jet fut achevé en 1710, et la version finale, en 1716.
Le Ha gakure est connu pour son bushidō extrêmement fanatique. Sa phrase la plus connue est « J'ai compris que la Voie du guerrier consiste en la mort » ! ; l'ouverture du même ouvrage comporte le passage suivant : « Qu'il se voit ordonner l'impossible ou, par malchance, de renoncer à son poste ou de se donner la mort, le guerrier ne doit faire preuve d'aucune hésitation, considérer l'obéissance comme son devoir et l'accomplir en gardant au fond de son cœur, et pour l'éternité, des sentiments mélancoliques pour la maisonnée de son seigneur. Tel est l'état d'esprit véritable des samurai rattachés à notre maisonnée (les Nabeshima du fief de Saga) ».
C'est à partir de ce genre de passages que le Ha gakure fut considéré comme décrivant un bushidō centré sur « la mort et le don de sa personne ». Que ce soit ceux décriant le Ha gakure, ou, au contraire, ses adorateurs y voyant une représentation de l'esthétisme guerrier, tous s'accordent sur l'interprétation fondamentale de son bushidō. Mais est-elle réellement juste ?"

Comme d'habitude, la suite sur le blog !
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« Répondre #6 le: 27 Novembre 2012 à 08:02:58 »

On avait déjà abordé ce sujet il y a quelques temps et j'avais fait par d'une fiche de lecture d'un ouvrage de Mishima:

http://www.techniques-martiales.com/tm-forum/index.php?topic=1487.msg22382#msg22382

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« Répondre #7 le: 28 Novembre 2012 à 02:49:17 »

Fiche de lecture que j'avais survolée lors de ma consultation dudit sujet sur le forum.

Je ne suis pas un expert du Ha gakure ou de Mishima, loin de là, mais je me permets de remettre en doute une partie de ta conclusion :

"Cet ouvrage est intéressant car il est le dernier témoignage de ce qui était l’esprit du Japon ancien. Il est à mettre dans la lignée du code du Bushido et d’ouvrage comme le Go Rin No Sho de MUSASHI Miyamoto."

1. "Dernier témoignage" ? Parce qu'il n'y a plus rien ensuite dans le même esprit ? Ça me parait peu probable.
2. "Esprit du Japon ancien" ? Alors qu'il n'était sans doute même pas représentatif de l'état d'esprit des guerriers de son époque ? Une affirmation difficile à appuyer.
3. "la lignée du code du Bushido". Encore faut-il accepter de résumer le concept de "bushido" à un simple code auquel on peut rattacher tel ou tel ouvrage.
4. "et d'ouvrage comme le Go Rin no Sho". En rapport avec le commentaire ci-dessus. Accepter un tel rapprochement, c'est ignorer le fossé existant entre ces deux ouvrages et les états d'esprit qu'ils présentent.

Bref, je pinaille oui, mais c'est un peu mon boulot hein^^. Faire une fiche de lecture sur un tel sujet est une entreprise difficile, et je salue le résultat. Mais, de mon point de vue, il y a beaucoup d'élément tels que ceux ci-dessus qui me "dérangent".
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« Répondre #8 le: 28 Novembre 2012 à 08:22:33 »

Ce n'est qu'une fiche de lecture d'un ouvrage. La conclusion est une ouverture vers une tendance à codifier les pratiques et les moeurs d'une caste à cette époques. Aprés parler de dernier témoignage, de cette dimension oui je pense que c'est le dernier. Je ne connais pas d'autres écrivains japonais mondialement connu qui parlent de ce sujet.
« Dernière édition: 28 Novembre 2012 à 09:42:31 par Xoumaster » Journalisée

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« Répondre #9 le: 14 Décembre 2012 à 03:58:06 »

  "Daidōji Yūzan, dont le nom était Shigesuke, était appelé Magokyūrō. Né en 1639 et décédé en 1730, il mena une vie longue de 92 années [sic], durant lesquelles il œuvra en tant que spécialiste d'Art militaire, en particulier à partir de 1688. Originaire de Fushimi, Kyōto, il s'installa ensuite à Edo, où il étudia l'Art militaire sous la direction de, entre autres, Obata Kagenori et Hōjō Ujinaga 北条氏長. Il fut tout d'abord au service du fief d'Aizu, avant d'être recruté par celui de Fukui. En 1717, il confia la direction de sa maisonnée à son fils aîné Shigetaka et se retira de la vie active afin de se consacrer à l'écriture. Il est connu pour ses ouvrages dépeignant la génération d'Ieyasu, comme, entre autres, le Iwafuchi yawa, le Ochibo shū et le Budō shoshinshū, présenté ci-dessous.

Le Budō shoshinshū, rédigé entre les années 1716 et 1730, présente le bushidō selon Yūzan. Ayant par la suite été imprimé et publié au sein du fief de Matsushiro, il peut être considéré comme l'un des traités majeurs sur le bushidō de l'époque d'Edo.

Le guerrier digne de ce nom se doit de garder à l'esprit et en permanence l'idée de la mort, et la porter en tant que principe de première importance. Même assis ou dormant chez soi, maintenir un esprit combatif est essentiel ; l'ouvrage explique qu'à la base du guerrier, se trouve la préparation mentale caractérisant l'homme prêt à affronter autrui.

En outre, il affirme que « le bushidō se réalise en œuvrant selon le sens du devoir et en se restreignant de l'enfreindre » ; il présente le « sens du devoir » en tant que nature véritable / élément central du bushidō. « Le sens du devoir n'est autre que le bien, aller à son encontre n'est autre que le mal ; se tromper à propos du principe régissant la droiture et agir à son encontre n'est pas la volonté du guerrier », explique-t-il clairement.

Ainsi, agir selon le sens du devoir est à la base du comportement guerrier, et Yūzan précise que cette pratique comprend trois niveaux."

Rendez-vous sur le blog pour la suite :)
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« Répondre #10 le: 14 Décembre 2012 à 05:05:14 »

 

Le guerrier digne de ce nom se doit de garder à l'esprit et en permanence l'idée de la mort, et la porter en tant que principe de première importance. Même assis ou dormant chez soi, maintenir un esprit combatif est essentiel ;


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« Répondre #11 le: 14 Décembre 2012 à 12:49:38 »

Citation
Le guerrier digne de ce nom se doit de garder à l'esprit et en permanence l'idée de la mort, et la porter en tant que principe de première importance. Même assis ou dormant chez soi, maintenir un esprit combatif est essentiel ;

Même aux toilettes?  très surpris  Grimaçant

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artmintch
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« Répondre #12 le: 14 Décembre 2012 à 12:57:34 »

Citation
Même aux toilettes?

tout lieu est dangereux, un jour je changeais une ampoule dans un wc, a ce moment un "controleur" est passé et a fait un rapport car j'avais mis mon casque par terre et non sur la tete saoul après ça on dira que les centres nucléaires ne sont pas sures  Grimaçant

une histoire de ninja:
Ukifune Jinnai d'un mètre de haut, l'avantage pour rentrer dans des espaces restreints, le ninja prit position dans les latrines du château de Kenshin, s'accrochant sous les planches. Lorsque Kenshin vint au dessus de lui, il l'empala sur de son sabre. Personne ne trouva son assassin, qui s'était aussitôt laissé tombé dans la masse fécale, respirant par un long tube de bois. 
« Dernière édition: 14 Décembre 2012 à 13:13:58 par artmintch » Journalisée
Wu Song
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« Répondre #13 le: 17 Décembre 2012 à 12:42:45 »

Bon appétit ArtMIntCh  Grimaçant  saoul

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shinken
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« Répondre #14 le: 18 Décembre 2012 à 00:25:59 »

Personnellement ce que je recherche depuis plus d'un ans c'est le code de l'arc et du cheval (qui soit dit en passant n'a absolument rien à voir avec l'art de tirer à l'arc à partir d'un cheval). Code de l'époque ou les samurais étaient de véritable guerrier (1200, 1400)et qui plus tard donna naissance au bushido.

Pas moyen de mettre la main sur ce code, peut être n'en existe plus aucune trace aujourd'hui ???

Si quelqu'un peut m'aider sur ce coup-là....
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